Pour son premier film en solo, Eric Bergeron frappe fort en nous racontant l’histoire d’ Un Monstre à Paris. Une évocation romantique de la capitale française portée par le duo Paradis – Chedid qui n’en finit plus de nous surprendre.

Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de “L’Oiseau Rare”, un cabaret où chante Lucille, la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

Forcément quand on apprend qu’un petit français issu des plus grands studios d’animation Hollywoodien va se jeter à l’eau tout seul et qu’il décide de s’accompagner des talentueux et charismatiques Vanessa Paradis et Mathieu Chedid, on se dit qu’enfin un film d’animation va faire du bruit. Oui car côté dessin animé en France, il faut dire que nous avons à peu près une cinquantaine d’années de retard sur nos amis américains ! Plus accessible que les Joan Sfarr et compagnie, plus beau et plus poétique, Un Monstre à Paris aura finit par séduire 1,5 millions de spectateurs.  Des beaux chiffres au box-office, une chanson originale passant sur toutes les ondes (la Seine la Seine la Seine), une histoire intelligente, des thèmes forts (acceptation de soi, tolérance…) et si Eric Bergeron avait trouvé la recette du succès ?

Ce qui séduit d’abord dans un Monstre à Paris, c’est son esthétisme. Paris sous la Seine est magnifique et les graphismes utilisés ressemblent plus à du Pixar qu’à un petit studio indépendant français. Eric Bergeron ne tombe pas dans le piège de faire un film bébête pour enfants mais propose une fresque intelligente et sympathique en nous parlant d’amour, d’amitiés, de timidité, d’acceptation de soi et surtout de tolérance le tout sous un joli ton décalé et très fantaisiste. Dans un Monstre à Paris le message bien que pas très subtile passe très bien : il ne faut pas juger les gens d’après leur physique. Ce monstre qui terrorise la ville n’est autre qu’un insecte géant rejeté et fuit par tous. Pourtant dès qu’il porte son costume et accompagne la jolie Lucille de sa voix délicate et de ses accords magiques, il devient merveilleux. Eric Bergeron nous répète qu’il ne faut juger personne d’après son apparence et que les monstres sont souvent crées de toute pièce par ceux qui les craignent. Le réalisateur ne tombe pas non plus dans le panneau et ne crée pas une romance entre la belle et la bête, scénario qui aurait pourtant été facile… L’histoire d’amour est ailleurs et c’est tant mieux.

Impossible de discerner un Monstre à Paris de sa bande-originale et de sa chanson phare « La Seine ». Les voix de Vanessa Paradis et Mathieu Chedid collent parfaitement avec l’univers de Bergeron quelque part entre poésie romanesque et souffrances profondes. On revoit M à l’époque de “La Fleur” ou de “Faut oublier” lorsque Francœur entame “L’amour dans l’âme” … On pense aussi au Soldat Rose, jouet délaissé de tous. Un vrai bonheur. Vanessa Paradis et Mathieu Chedid viennent apporter leur univers très propre et donnent au film un côté très moderne. Une BO qu’on aimera écouter après avoir vu le film.

Sans être le film de l’année, Un Monstre à Paris surprend par son originalité, son histoire un peu folle, sa fantaisie et son intelligence. De plus Europacorp propose une version Blu-Ray de qualité avec une image et un son absolument parfait. On appréciera d’autant plus les bonus et en particulier ce petit reportage sur les coulisses de l’animation. Un film qui séduira petits et grands et qui donnera surtout très envie de se plonger à nouveau dans l’univers de –M-.

M.

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