Adaptation d’un best-seller, Never Let Me Go, surprend par son thème, l’interprétation impeccable des acteurs et des images à couper le souffle.

Never Let Me Go est l’histoire de Kathy, Ruth, et Tommy, trois amis qui ont grandi ensemble à Hailsham, une école un peu particulière où les pensionnaires sont sur-protégés. Un jour, ils apprennent leur destinée : ils seront donneurs d’organes vitaux et mourront après 3 ou 4 dons. Ainsi, ils ne deviendront jamais adultes. Prisonniers de ces murs, ils continuent à vivre, ils découvrent les premiers émois, et un triangle amoureux entre Kathy Ruth et Tommy se construit. Jeunes adolescents, ils quittent l’école pour la campagne, là ils découvrent un autre terrible secret qui bouleversera à jamais  leur perception de la vie, de l’amour, et de l’amitié.

Never Let Me Go, est l’adaptation du best-seller, Auprès de moi toujours, de l’auteur anglais Kazuo Ishiguro, publié en 2005. C’est Mark Romanek qui se charge de l’adaptation, Mark Romanek a qui l’on doit le troublant Photo Obsession en 2002.

Never Let Me Go, est un film troublant et déroutant, dû à des sujets très peu présents dans le cinéma: le clonage humain et le don d’organes. Un jolie deux-en-un donc, pour un sujet encore très tabou aujourd’hui.

La grande originalité du film réside dans son choix temporel. En effet, pour la première fois, l’histoire ne se situe pas dans un futur lointain, où le clonage est devenu possible, mais dans le passé et plus précisément dans la seconde partie du XXème siècle. C’est donc une sorte de réalité parallèle que nous propose Mark Romanek. Ce n’est pas demain, c’est hier. Il s’en ressort une sorte d’intemporalité fascinante. A quelle époque sommes nous? Si les décors, les objets, les costumes, nous plongent dans le passé, le thème traité est tellement actuel, les dialogues tellement modernes, qu’on ne sait plus quoi penser ! Le temps qui passe est le moteur principal du film. Outre cette opposition passé/actuel, la manifestation d’un temps qui s’écoule à toute vitesse est omniprésente. On voit ici et là des montres et des horloges, pour nous rappeler sans doute, que le temps des protagonistes est compté.

Le film réussit haut la main le défis de ne pas tomber dans un drame romantique, eau de rose au possible. Dans Never Let Me Go, on parle de sentiments oui, il est beaucoup question d’amour (notamment cet amour romanesque entre Tommy et Kathy), mais il est aussi question de sexe et de désir. Ces éléments ne sont pas cachés ou suggérés, non, ils sont montrés, souvent de manière très crus, qui donnent au film une ambiance très spéciale, et le rend déroutant, troublant, parfois même malsain.

Le film ne tombe jamais dans le panneau, du drame romantique, jusqu’au dénouement final. Never Let Me Go c’est peut être ça: un film dramatique en puissance. Si le début du film, nous rappelle des films d’enfants comme La Croisée des Mondes ou Narnia, on s’éloigne bien vite de ce cadre et on tombe immédiatement dans un schéma de dénouement dramatique inévitable.

Never Let Me Go est porté par un trio d’acteurs formidables. Si on connait bien Keira Knightley, on est heureux de la découvrir sous un nouvel angle. Dans Never Let Me Go elle interprète Ruth, dure, cassante, et manipulatrice. C’est la méchante de l’histoire. pour une fois. Ses partenaires Carey Mulligan et Andrew Garfield. sont tout aussi convaincants.

Never Let Me Go est un film déroutant et surprenant. S’il ne m’a pas particulièrement inspiré juste après l’avoir vu, je dois avouer que 48 heures plus tard, le film a muri dans mon esprit et se révèle beaucoup plus profond que je ne le pensais. Un film qui vous fera réfléchir sur la vie, le temps qui passe, sur la mort aussi et qui restera marqué dans votre esprit, longtemps après le générique de fin.

M.

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