À deux heures de Paris se tient chaque année en septembre le festival américain de Deauville. Pour la 40eme édition, imaginez que le festival a mis les petits plats dans les grands ! À commencer par un jury “la crème de la crème” avec des réalisateurs comme André Techiné, Claude Lelouch ou encore Jean Pierre Jeunet. Fort de son expérience de président l’année dernière, Vincent Lindon a lui aussi fait le déplacement sous la coupe cette fois ci de Costa-Gavras ! Difficile alors de bouder ce festival et de ne pas faire nous aussi le déplacement… Même si nous ne resterons qu’un week end !

Vendredi 05 Septembre :

Parti avec plus d’une heure de retard (merci au méchant train qui est tombé en panne à la sortie du garage…) on se rend vite compte que le festival commence ici. Des centaines de parisiens ont comme nous envie d’aller voir ce qui se passe sur les planches ! Frédéric Beigbeder est aussi du voyage ! L’excitation monte alors d’un cran quand on entend à droite à gauche les discussions autour de ce festival.
Un télérama et un demi-Première plus tard, nous voici à Deauville. Si nous partis bien trop tard pour espérer assister à la cérémonie d’ouverture, nous voici au cœur de l’ambiance au milieu de chasseurs d’autographes prêtes à dégainer photos et stylos des que la moindre “star” se présente à quelques mètres… Pas franchement passionnés des bains de foule et du stalking de célébrités nous remballons pour aller dîner. Comme des amis qui s’étaient donné rendez-vous dans un an, nous entamons ce festival de la plus belle des manières : entre amis !
Une bouteille de rosé plus tard et une tentative d’entrée à la villa Cartier plus tard nous partons nous coucher. Demain il faudra être en forme vu le beau programme qui nous attend !

Samedi 06 Septembre :

Si pour nous ce week-end normand sonne comme un petit bonus à nos vacances californiennes, il est alors évident que le petit déjeuner serait fait face à la mer en terrasse sur les planches. Pas trop le temps de profiter du soleil qui arrive, il est déjà l’heure d’aller au cinéma. Au programme, un premier film iranien de la très rock’n’roll Ana Lily Amirpour : A girl walks home alone at night. Son film sera à son image : punk et osé ! Imaginez l’histoire d’une ville sans âme dans laquelle sévit un vampire (ou plutôt un fantôme…) comme pour purger Bad-city de ces crimes. Si le noir et blanc est sublime et qu’on retrouve d’excellentes idées dans la mise en scène on restera un peu de marbre face à cette histoire un peu trop tirée par les cheveux.


L’heure de la classique formule Festival a sonné. Un jambon-fromage et une madeleine plus tard nous nous dirigeons à nouveau vers le CID pour Un homme très recherché. Un peu en retard, nous tombons nez à nez avec le jury de la révélation Cartier. Christine and the Queens seule fermant la marche, nous trouvons le moment opportun pour lui glisser deux mots. D’une demande d’interview nous reviendrons sur son passage à l’Olympia lors de la soirée France Inter pour la fête de la musique et sur son album, absolument génial. Adorable, drôle et souriante, on l’aura accompagnée dans la salle tout naturellement. Un peu secoué par cette rencontre si soudaine et cette discussion si fluide, nous garons en espoir que l’interview puisse avoir lieu… Encore dans nos pensées, nous réalisons bien vite que la salle est pleine… Au delà du nouveau film d réalisateur de Control, c’est l’un des derniers rôles de Philip Seymour Hoffman que les spectateurs sont venus voir. Désespérés de ne pas trouver de places assises, c’est dans les marches de la salle de projection que nous découvrirons le film. En ayant changé 200 fois de positions, il semble toujours que le film nous ait fait la plus belle impression. Film d’espionnage classique qui monte en puissance minute après minute, Un homme très recherché enchaine les bonnes idées jusqu’à un final à couper le souffle. Prenant, impressionnant de maitrise, Un homme très recherché fait partie de ces films dont on se souviendra. Peut-être aussi parce que Philip Seymour Hoffman y joue un rôle qui semble tant lui coller à la peau…


Pas le temps de trop débattre qu’il faut enchainer avec The Disapearance of Eleanor Rigby. Si on croyait jamais voir ce projet fou (raconter une histoire d’amour en trois films : Her, Him, Them) sur grand écran, sa présence à Deauville avait multiplié par 10 notre excitation. Deux heures plus tard, le miracle a eu lieu. Loin de la comédie romantique à laquelle on s’attendait, Eleanor Rigby raconte comment une femme mariée en apparence heureuse va tenter de disparaître, de tout reprendre à zéro… D’une sobriété rare, ce film ne ressemble à rien de ce que l’on a vu. Désespérant, cynique mais baigné de lumière, The Disapearance of Eleanor Rigby nous aura frappé en plein coeur. La bande originale signée Son Lux aura un peu accentué les choses…


Après ce gros coup de coeur difficile de passer à autre chose. Pourtant il le faudra, il est l’heure de nous rendre à la projection de gala à savoir : Les recettes du bonheur. Malgré toute la sympathie que l’on a pour Charlotte le Bon et Hélène Miren, force est de constater que le film manque cruellement de saveur. D’abord bien sympathique et surprenant, les Recettes du Bonheur se noient dans une seconde partie complètement inutile et tellement facile qu’elles nous feront douter de l’existence même d’un scénario… On passera aussi sur la vision de la France arrêtée aux années 40…
Il est l’heure de manger et de debriefer entre blogueurs de cette première journée !

Dimanche 07 Septembre :

Le calme des nuits normandes nous aura donné bien du fil à retorde en ce dimanche matin. Difficile de sortir du lit même si un beau programme nous attend. Aujourd’hui pas de films officiels mais des rattrapages (ou plutôt des redécouvertes au cinéma) en perspective. The Tree of Life d’abord pour vérifier si le film de Malick nous fait toujours la même impression. Toujours un peu trop long, The Tree of Life prend peut-être encore plus de sens la seconde fois. Réflexion métaphysique, sens de la vie et de la mort, questionnement sur la religion et interrogation sur les questions de bien et de mal The Tree of Life est le genre de film qui pousse à la réflexion. Jessica Chastain est toujours aussi magnifique alors que la dureté de l’éducation d’un enfant de la classe moyenne nous saute aux yeux. Un grand film qu’on aura pris plaisir à revoir !


Galette salée, crepe au Nutella et bolée de cidre en bouche, nous voilà prêts pour une découverte : Prédator ! Pour un premier rendez-vous avec John McTiernan on pourra dire qu’on est passé quand même bien à coté. Peut-être parce que les films d’action n’ont jamais été notre dada, sans doute parce que découvrir ces films à 26 ans n’a pas le même effet que lorsqu’on grandit avec… Bref, Predator nous aura laissé bien de marbre. Peut-être devrions-nous nous pencher sur Die Hard à présent…
Nous passerons nos dernières heures avec Robin Williams pour une réunion du Cercle des Poètes Disparus. Au fil des minutes un constat se fait : A chaque vision, il est toujours aussi plaisant/bouleversant et n’a pas pris une ride. Rares sont les films qui peuvent en dire autant ! Quand les élèves font un dernier au revoir à leur capitaine, c’est toute une salle qui a envie de se lever pour saluer la mémoire d’un capitaine qu’on aura toujours dans notre coeur ! Et cela même si un songe d’une nuit s’est dressé entre nous…

Author

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It