Il aura fallu 4 ans à Maiwenn pour revenir sur le devant de la scène. Après Polisse, la jeune réalisatrice française revient en force avec Mon Roi, prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes.

 

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Mon Roi c’est une histoire d’abord une rencontre. Une rencontre entre Tony et Georgio. Un coup de foudre qui ne pouvait que se transformer en histoire passionnelle tout feu tout flemme où la limite entre l’amour et la haine se resserre de minute en minute. Mon Roi c’est enfin une histoire de manipulation psychologique dans laquelle Tony va se plonger aveuglement durant presque 10 ans…

 

Il y a quelque chose de viscéral dans le cinéma de Maïwenn. Dans sa façon de délivrer des messages forts dans un style cinématographique proche du documentaire. Avec le Bal des Actrices puis avec Polisse, on avait pris la température de son cinéma. Toujours chahutés dans notre confort, Maïwenn va loin sans jamais dépasser la limite. Mon Roi s’inscrit dans cette lignée : beau, fort, fascinant et violent.

 

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Difficile alors de parler de Mon Roi qui se vit comme une expérience personnelle et non comme une fiction de cinéma. Evidemment l’histoire de Tony et Georgio nous ramène à notre passé. A nos propres histoires amoureuses. On admire la réalisatrice qui se met en danger en axant son film sur un sujet trop peu exploités au cinéma : l’amour destructeur. Pas de manière suggéré comme souvent mais de manière frontale. On va suivre les montagnes russes de cette relation dont on ignore la destination finale. Jusqu’où peut-on aller par amour ? L’amour est-il plus fort que tout ? Doit-on tout supporter par amour ? Tant de questions auxquelles Maïwenn ne va pas exactement tenter de répondre. Mon Roi n’est pas un film moralisateur en ce sens et ne promet pas une vérité absolue. Juste une immersion dans la vie d’un couple.

 

Evidemment le film ne serait pas aussi marquant sans son duo d’acteurs absolument sidérants. Emmanuelle Bercot est parfaite dans ce rôle de femme martyr qui tente de reprendre goût à la vie. Vincent Cassel est inquiétant dans la peau de ce dandy insaisissable dont on ignore la part de maladie face à la domination volontaire. Une nomination aux César serait plus que logique. Parlant César, n’oublions pas Louis Garrel en frère protecteur et bienveillant qui est absolument divin. On aimerait bien là aussi un petit César du meilleur second rôle à la clef.

 

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Ajoutez à cela une BO encore une fois très inspirée et vous aurez un nouveau miracle de Maïwenn. Un cinéma intelligent et sans concession dont on ne ressort jamais indemne.

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