Après la déferlante Intouchables, le duo Toledano / Nakache est de retour sur nos écrans. Avec eux ils emmènent Samba, un immigré qui enchaine les galères dans la ville lumière.

Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Si il y a des réalisateurs français qui n’ont plus rien à prouver c’est bien eux. Nakache / Toledano est ce qui se fait de mieux en matière de comédie sur le territoire français. Si leur nom ne vous parle pas forcément, vous connaissez pourtant leurs films et vous les adorez ! De Nos Jours Heureux à Tellement Proches, la paire Nakache-Toledano a obligatoirement déjà dû vous faire rire. Humour taillé au couteau, répliques qui marquent, scénarios totalement détonnants, bref le crème de la crème de la comédie à la française. Dans leur petit bonhomme de chemin, un ouragan allait tout changer : Intouchables ou quand 20 millions de français se lient d’amitié avec un riche aristocrate handicapé et un jeune de banlieue sans trop de manières. Vendu partout à travers le monde, la page fut difficile à tourner.  Et surtout pour quoi faire derrière ?

Si le public attendait un Intouchables 2, le duo aura pris le taureau par les cornes en balançant Samba. Plus sombre, plus dramatique mais non moins humain, Samba est une surprise à lui tout seul. Déjà on tire le chapeau aux deux réalisateurs qui ont voulu proposer autre chose sans forcement surfer sur la vague Intouchables. Le choix de la nouveauté contre la facilité est un pari audacieux qui surprendra les spectateurs. Samba est le genre de film que l’on ne peut classer dans un seul genre. Drame sociale ou comédie romantique en passant par le film d’apprentissage, il y a dans Samba mille chemins à arpenter.

Jamais on aurait pensé que les réalisateurs d’Intouchables puissent sortir un film aussi fort et touchant sur la vie un Paris d’un sans-papier. La peur, les désillusions et toutes les formes d’injustices nous frappent alors en plein visage. Jamais trop larmoyant, Samba mixe avec beaucoup d’habilité son fond lourd de sens et un quotidien résolument humain qui nous donne foi en l’humanité. La comédie romantique qui vient se poser délicatement dessus nous offrira de beaux sourires complices.

Oui mais voilà, à force d’attendre que le film s’envole complètement on aura été déçus. Là où un Welcome nous aura fait exploser le cœur, Samba se contente de nous le titiller. Pire, l’accent d’Omar Sy et son penchant d’en faire s’ouvrent trop, auront réduit quelque peu l’étendu de son personnage et l’aura rendu caricatural. Les seconds rôles finalement sous-exploités n’auront servi qu’à mettre en lumière un talent immense : Charlotte Gainsbourg. Film après film, l’actrice nous prouve qu’elle peut tout jouer et avec la manière. Ici en femme en plein burn-out qui cherche un nouveau sens à sa vie, Charlotte Gainsbourg transmet tout en un regard quand les autres ont besoin de mots et de gestes. Merveilleuse du début à la fin, la belle apporte la subtilité, la douceur et la légèreté à Samba. Miraculeusement solaire, une nomination aux César serait plus que méritée !

Moins mordant qu’Intouchables, Samba marque la volonté de Nakache et Toledano de faire autre chose. Pari ambitieux qui risque de dérouter le spectateur lambdas mais pari qui a le mérite d’avoir été fait ! Imparfait mais touchant, on attend les petits frères de Samba avec impatience !

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