Après l’excellent X-Men : Le commencement, la franchise Marvel a pris un nouveau départ et affiche de bien nobles intentions. Le deuxième volet de cette nouvelle saga transforme-t-il l’essai ?

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Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.

Un synopsis assez épuré, une bande-annonce qui brouille les pistes et derrière une idée de génie : rassembler le temps d’un film les deux générations de X-Men. D’un côté, la nouvelle vague que l’on a découvert dans X-Men : Le commencement, portée par James McAvoy et Michael Fassbender respectivement dans la peau du Professeur Xavier et de Magneto, de l’autre les “anciens” Patrick Stewart et Ian McKellen. Une idée un peu folle mais une manière pour Bryan Singer d’affirmer son attachement à la première saga (du moins aux deux premiers volets qu’il a dirigé) tout en recommençant tout.  Comment alors bouder le plaisir de revoir ces X-Men qu’on a tant aimé tout en continuant de découvrir la jeunesse de ceux-ci ? Bref une ambition folle qui aurait pu virée à la catastrophe.

Si on a eu bien peur à la vue du générique (le plus moche de l’année ?) on fut vite rassurée par la suite. Comme on l’avait aimé lors du premier volet, Bryan Singer continue de dresser le portrait d’une galerie de personnages (initié par Matthew Vaughn ) en ne laissant personne sur la touche. Film choral par excellence, X-Men : Days of Future Past réussit le challenge, pourtant compliqué, de laisser s’exprimer chacun des acteurs. Aucun ne prend réellement le dessus et n’écrase par la même son partenaire. Tout l’ADN des X-Men prend ainsi son sens. Et si clairement le premier opus voyait Magneto au centre de l’histoire, c’est tout naturellement que celui-ci se concentre sur Charles Xavier. Lui qu’on croyait sans faille et plutôt lisse se révèle ici terriblement humain. C’est le gros point fort de ce deuxième volet. Bien sur on aimerait en savoir plus, creuser encore, la part d’ombre du Professeur Xavier fascine autant qu’elle inquiète. James McAvoy usant de son flegme anglais et de son charisme fou pour servir le rôle. A la vue du film, on voit mal qui aurait pu livrer une telle prestation !

X-Men : Days of future Past

Impossible de parler de Xavier sans évoquer Magneto. Days of Future Past explore un peu plus la relation très ambigüe entre les deux hommes. Ami/Ennemi au fin fond de leur âme, Charles et Erik se détestent autant qu’ils se respectent. Pourtant, l’un a choisi de faire le bien l’autre le mal. Incapables d’ignorer leur amitié passée, les deux X-Men n’en finissent plus de s’affronter. On a alors hâte de voir la suite et de comprendre enfin quel événement a provoqué l’affrontement final.

Evidemment le film ne tourne pas qu’autour d’eux et s’intéressera principalement à Wolverine puis tour à tour à Mystique (géniale Jennifer Lawrence dans le rôle du personnage le plus incertain et ambigu de la saga) au Fauve mais aussi à Tornade, Shadowcat, Iceberg… On découvrira même un nouveau personnage, Quicksilver, qui aura bien réussi son entrée en jeu dans la saga X-Men !  Là aussi on aimerait aimé plus d’attentions sur certains personnages mais sur un tel projet et sur déjà 2h12 difficile de tout y faire figurer !

Là où attendait beaucoup de ce X-Men : Days of Future Past c’est sur les scènes d’action. Pas d’inquiétude à avoir de ce côté là puisque ce deuxième volet nous offrira son lot de scènes d’action complètement hallucinantes. On n’oubliera pas de si tôt un affrontement au coeur d’un sommet parisien, une évasion d’une prison ultra-sécurisée magnifiquement drôle et surtout le déplacement d’un stade en plein Washington. X-Men : Days of Future Past relèvera alors haut la main sa mission de divertissement de grande classe.

Pourtant on aura pas adoré de bout en blanc le film. Déjà, parce que visuellement, le futur est simplement raté. En plus d’être vraiment sinistre, celui-ci est bien moche. Les Sentinelles qui évoluent dans un décors apocalyptique nous auront fait un bien mauvais effet et toutes les scènes du futur nous auront finalement assez ennuyés… Difficile alors de ressentir un vrai enjeu. D’ailleurs c’est là le principal défaut du film : son absence totale d’émotions. Jamais on aura frissonné, jamais on aura été un été un minimum ému par la situation, jamais on se sera projeté dans le film… Les limites de la franchisse X-Men s’affichent alors. Un vrai rendez-vous manqué puisqu’il y avait là matière à provoquer bon nombre de sentiments chez les spectateurs…

X-Men : Days of future Past

Assurant pleinement son rôle de divertissement, X-Men : Days of Future Past n’ira malheureusement pas plus loin. Un film évidemment très plaisant à regarder mais qui ne fera pas date dans notre tête. Du moins, pas chez nous en tout cas même si on reste très curieux de voir la suite !

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Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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