Fauve -   pochette

On les avait laissé dans le blizzard, ils reviennent comme des vieux frères. Le phénomène 2013 est de retour en ce début d’année pour présenter un premier album en deux parties.

Si blizzard nous avait mis KO dès la première écoute il faudra plusieurs essais avant d’adopter ces vieux frères là. Peut-être parce que le souvenir du premier EP (et des différents morceaux déjà sortis sur la toile) était trop frais. Peut- être aussi parce qu’on attendait énormément de cet album. Il faut dire aussi qu’après presque un an de nuits fauves on commençait à connaître le refrain par coeur et à se lasser aussi. Voyous nous ayant un peu confirmé notre pressenti à l’égard de Fauve. Et si le collectif n’était rien d’autre qu’une mode de passage ? Un soufflet qui ne pouvait pas durer ?

Après la première écoute, on se dit ouai ok. On se demande où est passée l’urgence, la colère, le besoin d’écrire pour sortir de la nuit. Oscillant entre rap semi-engagé et contemplation romantique, ces vieux frères là ne parviennent  alors pas à nous séduire.

Alors on aura continué les écoutes (sans doute pour pouvoir avaler toutes les paroles) et la brume s’est dissipée. Bien sûr, l’évolution de Fauve se fait ressentir. Le groupe va mieux et ce n’est pas plus mal ! Moins d’obscurité, plus de lumière et d’espoir pour un album qui finit même sur une note optimiste. Comme si les cris envoyés, les bouteilles à la mer n’avaient pas été totalement vains. Et si le collectif français est aujourd’hui le reflet d’une génération on est un peu rassuré : s’ils sont sortis du brouillard, alors peut être qu’une guérison générale est possible ?

Si les insultes sont moins fréquentes, les paroles sont toujours aussi puissantes. Cette fois-ci les images ont remplacé une violence verbale. Difficile alors d’écouter cet album sans mettre sur cette musique ses propres images. Vieux frères est alors une machine à souvenirs, le film de la vie qui nous ramène en permanence à notre propre histoire. La force de Fauve résidant encore et toujours dans cette capacité à toucher une foule d’anonymes en racontant des histoires tellement personnelles. Qui d’autre aujourd’hui pourrait se venter d’un tel constat ?

On pourrait vous en dire des tonnes mais on va s’arrêter là. Encore une fois l’expérience Fauve doit se vivre et il est alors très difficile de la raconter.  En attendant de vous revoir les vieux frères et les belles on vous conseille de sortir de la cage et de vivre enfin ! D’aimer aussi. La lumière est là.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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