Après le fatiguant Happiness Therapy, David O’Russell est de retour avec American Bluff ! Retrouvera-t-on ici le génie décelé dans Fighter ?

Entre fiction et réalité, AMERICAN BLUFF nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70.

Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Avec un casting pareil, on avait placé quelques pièces sur cet American Bluff. Et même si Happiness Therapy nous avait vraiment gonflé, on gardait en tête le formidable Fighter en espérant revivre un grand moment de cinéma. Malheureusement on aura déchanté dès les premières minutes du film.

La mise en scène qu’on avait détesté dans Happiness Therapy est de retour ! Plans coupés, zoom et dézoom à vous donner le mal de mer en cinq minutes, nous voilà bien embarqué ! Plus tard, on comprendra que David O Russell n’est pas vraiment le réalisateur de l’année et qu’il n’apporte absolument rien avec sa caméra. Bien au contraire…

Bref passons à l’histoire maintenant. En plein dans les années 70, on va suivre deux escrocs obligés de travailler avec le FBI pour échapper à la prison. Embarqués dans une grosse opération lancée par le FBI, ils vont lancer leur filet pour pêcher du poisson et pas du plus petit : des députés et hommes politiques corrompus. Vous avez le pitch, attendez-vous à un scénario à tiroirs incompréhensible dans lequel règne un bordel sans nom ! Déjà, sachez que vous ne comprendrez rien au background tant il est lourd. Impossible aussi de savoir quand tout ce cirque s’arrêtera pour vous laissez enfin en paix. Vous pensez que le film est terminé et ben non, place à un “retournement” qui vient rallonger tout ça. Le pire dans tout ça c’est sans doute l’absence totale de tension ou de suspens. Pas une seule fois on est surpris ou on se dit que les choses vont sérieusement dégénérer. Pas une seule. Alors là on se demande vraiment pourquoi tout ça, pourquoi tout ce bruit, pourquoi ces perruques, pourquoi ces cris, pourquoi ces mensonges…

Oui car en plus de ne rien raconter, American Bluff est presque aussi fatiguant qu’Happiness Therapy. Des cris qui n’en finissent pas, des acteurs qui hurlent de douleur ou de rage, de rire parfois, des portes qui claquent, des baffes qui partent… Bref tout ce qui était agaçant dans le précédent film de David O’Russell se retrouve ici. Pire encore, à force de jouer sur les clichés, les perruques, les déguisements, les décors, American Bluff devient le film ridicule au possible qu’on redoutait tant. Evidemment, tous les acteurs sont là pour en faire des tonnes et vous prouver qu’ils peuvent tout jouer. Il faudra expliquer à Christian, Jeremy, Amy et Jennifer que mettre une perruque, des chemises à jabot ou prendre 20 kilos, ne sont pas toujours synonymes de performance d’acteurs. La palme du ridicule revenant à Bradley Cooper toujours à la recherche du charisme perdu. Mais de ce côté là rien de surprenant…

A force de chercher le vrai du faux, on se serra complètement désintéressé du sujet. Il faut dire qu’on aura vraiment pas compris la limite entre le jeu et la réalité. La frontière entre le bluff et les vrais sentiments. Ce qui peut-être parfois intéressant mais qui ici est carrément agaçant tant tout ceci n’a aucun but. Si ce n’est divertir (on aura un peu halluciné devant une sale hilare à chaque “blague”)

Bizarrement on regrette un peu, le naufrage du film qui prend l’eau minute après minute. Oui car, idées il y avait. Entre une rencontre amoureuse et la naissance d’une idylle à l’arrière d’un pressing qui touche au sublime et une scène en boîte de nuit complètement érotico-romanesque, on se dit que David O’Russell a raté le coche. De même au lieu d’aller vers des thèmes importants et riches de sens (la responsabilité parentale, la fin de l’amour, le sentiment d’appartenance, la fraternité, la rédemption…) le réalisateur choisit toujours la facilité en accumulant les raccourcis. Dommage vraiment car il y avait parfois de bonnes idées.

Archi favoris aux Oscar 2014, American Bluff pourrait être la plus grosse escroquerie de l’année. Acteurs qui surjouent, mise en scène lourde, caméra qui n’arrête pas de bouger, scénario sans intérêt, vous l’aurez compris, ce film là nous aura bien déçu. A croire que le plus gros bluff de David O’Russell était de nous faire croire qu’il savait faire de grands films…

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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