Après l’inoubliable choc Shame, l’inégalable Steve McQueen revient avec un tout autre sujet : l’esclavage. Encore un sujet délicat pour celui qui s’affirme comme le réalisateur britannique le plus sulfureux du moment !

12_Years_A_SlaveLes États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave.
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

L’Amérique semble vouloir régler ses comptes avec son passé ! Après le Majordome, Lincoln. Fruitvale Station et Django cette année, c’est au tour de Steve McQueen de livrer sa propre version de l’esclavage. Enfin, propre pas tout à fait, puisque 12 Years a slave est en réalité l’adaptation d’une biographie. Une fois que vous comprenez que cette histoire est vraie et que tout ceci a réellement existé, difficile de rester de marbre et de regarder ce film de la même manière.

Oui car sur le fond il y a tout ici pour vous faire douter de votre foi en l’humanité. Imaginez l’histoire d un homme libre, respecté, important et père de famille. Imaginez ce même homme qu’on capture pour quelques sous et qu’on va revendre dans le sud des États-Unis. Cet homme qui va devoir oublier sa liberté pour obéir et servir pour ne pas mourir. Les humiliations, les déceptions et une rancœur qui ronge vont alors être son quotidien. L’histoire de cet homme à qui on a volé sa vie est alors d’une puissance et d’une gravité qui ne peut vous laisser indiffèrent.

TWELVE YEARS A SLAVE

Si  pour la première fois on traite l histoire de l’esclavage d’un œil vraiment subjectif, il semble parfois que le thème manque de renouveau. Et même si la violence des images nous ramènent ici très loin en arrière et nous font comprendre la nature machiavélique de l’homme, on a du mal à rentrer totalement dans cette histoire qui manque de finesse. Oui, car à force de vouloir nous montrer que le blanc est cruel et que les noirs sont des martyres innocents, on commence à trouver le temps long. Constat d’autant plus dommage quand on a devant nous le destin d’un homme brisé qui a vraiment quelque chose à raconter ! Les coups de fouet claquent alors sans qu’on puisse totalement les ressentir…

Alors qu’on aurait aimé plus de rebondissement et non une simple histoire de soumission, on ne peut rien reprocher du côté de la mise en scène. La violence du fond venant contrebalancer une beauté artistique totalement vierge. Steve McQueen deviendrait il un cinéaste naturaliste ?

TWELVE YEARS A SLAVE

Un peu trop évident et plat, 12 years a slave aura parfois eu du mal à nous maintenir éveillé. La forme du film n’aidant pas à y déceler une clarté évidente (superposition de flashbacks, schéma narratif non classique) on se sera posé bien des questions avant de rassembler toutes les pièces du puzzle dans un final larmoyant au possible et tellement américain qu’il nous ferait douter de la nationalité britannique de son réalisateur…

Au delà, on retiendra des performances d’acteur complètement fascinantes. Si Chiwetel Ejiofor remplit totalement sa part du marché, c’est Michael Fassbender qui nous scotchera totalement dans la peau de cet esclavagiste psychologiquement atteint et emplit de désir pour une jeune esclave. On le savait excellent acteur mais on l’avait rarement vu aussi convaincant et cela d’autant plus dans un second rôle. Un petit Oscar ne serait pas volé !

TWELVE YEARS A SLAVE

Malgré ses défauts et son côté trop moralisateur et engagé, 12 years a slave reste un film à voir ne serait-ce que pour le contraste saisissant entre beauté esthétique des images et violence insupportable du sujet exploité.

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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