Après The Lady, Luc Besson est de retour avec Malavita. Avec un casting d’une telle classe on se disait que le réalisateur avait tout en main pour redorer son blason… Et pourtant…

Malavita_1Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie.
Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien…

Quand on apprend que Luc Besson va adapter Malavita on se dit pourquoi pas.  Pour ceux qui l’ignorent, Malavita est à l’origine, un roman de Tonino Benacquista paru en 2004 qui raconte le quotidien tumultueux d’une famille de mafieux exilée en Normandie. Roman d’une incroyable richesse, Malavita nous avait complètement séduit et suscité en nous une vraie fascination pour cette famille hors du commun. Et si une adaptation est toujours délicate, celle-ci paraissait bien compliquée mais Luc Besson, capable de l’excellent comme du pire, pouvait relever le défi. Malheureusement pour nous, il semblerait que le réalisateur de Léon ou de Nikita ne soit plus qu’un lointain souvenir…

Dès les premières minutes on sent la grosse blague arriver. A peine ont-ils posé les pieds dans le village, la famille Manzoni s’adonne à son loisir préféré : la violence. Alors que celle-ci était bien suggéré dans le roman, elle est ici montrée grossièrement jusqu’à la rendre complètement ridicule. On détruit des épiceries, on éclate la tête d’un camarade avec une raquette de tennis, on tabasse un pauvre plombier en toute impunité. Malavita tirant alors très vite vers la comédie absurde où chaque scène donne le sourire plutôt que de faire frémir… Luc Besson oubliant un peu trop vite l’arrière plan d’une famille composée de psychopathes !

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Malavita oubliera alors toute notion de subtilité. Ici, il ne faut pas faire dans la dentelle et faire tout exploser sans répit. Dans sa course effrénée au spectaculaire, Luc Besson oublie toute l’essence du roman et livre un film grossier, tellement facile qu’il en devient indigeste. D’autant plus lorsqu’on connaît le roman, qu’on l’adore et qu’on imaginait un tout autre destin aux Manzoni.

Si Luc Besson parviendra à tout faire tenir en 2heures c’est grâce à un choix de sacrifier tous ses personnages au profil de l’action. C’est très simple, Besson ne racontera ni l’avant ni l’après mais se contente de filmer une tranche de vie d’une famille qui méritait meilleur traitement.Giovanni Manzoni que Benacquista avait rendu si attachant, devient chez Besson, terriblement agaçant et très caricatural. Il en sera de même pour son épouse et ses deux enfants. Enfin surtout pour Warren puisque Belle avait déjà été sacrifiée dans le roman… Résultat des courses on ne ressent absolument rien si ce n’est un profond ennui devant ces scènes surréalistes qui s’enchaînent dans une indifférence totale et ces personnages bêtes et méchants qui ne font rien d’autre que de passer.

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Là où l’on s’inquiète c’est quand on entend Luc Besson déclarer qu’il a voulu avec Malavita rendre hommage aux films de Mafia… Le film n’a ni l’âme ni la carrure pour prétendre appartenir au genre et est une telle aberration qu’il ne peut pas en être un hommage. Ou alors on a vraiment pas les mêmes références !

Si on peine à arriver au bout, on se demande bien ce que Di Niro et Pfeiffer sont allés faire dans cette galère. A la limite du potable, les deux acteurs sont pas tellement convaincants dans la peau de Giovanni et Maggie. On aurait aimé plus de piquant évidemment mais cela ne nous étonnera pas vu le manque de saveur du film dans son ensemble. Si Dianna Agron fait le boulot (facile vu le rôle sur le papier) c’est du côté du jeune fils, John D’Leo, qu’on retiendra vraiment quelque chose. On pourrait retrouver ce jeune garçon très prochainement et pourquoi pas dans de très beaux rôles… A suivre donc !

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Complètement en surface, Malavita passe complètement à côté et oublie l’essence même du roman. Une farce sans goût qui aurait mérité bien plus beau destin au cinéma. Fort heureusement, on sait que Besson ne réalisera pas la suite, Ouf !

Author

Cinéphile aux lacunes exemplaires, mon coeur bat aussi pour la musique, les chaussures léopard et les romans de Bret Easton Ellis. Maman de 2muchponey.com, niçoise d'origine, parisienne de coeur, je nage en eaux troubles avec la rage de l’ère moderne et la poésie fragile d'un autre temps. Si tu me parles de Jacques Demy je pourrais bien t'épouser.

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