Après s’être intéressé à Bob Dylan et aux Rolling Stones, Martin Scorsese s’attaque au plus grand groupe de la planète : The Beatles et en particulier au magnétique George Harrison, guitariste du groupe mais pas que.

La vie de l’ex-Beatles George Harrison racontée au travers d’interview, d’archives, de photos et de témoignages de ses proches.

Martin Scorsese a rassemblé plus de 800 heures de rushs pour en extraire un magnifique et captivant documentaire de plus de 3h30.

De la naissance des Beatles à son apogée, de ses premières compositions à sa carrière solo en passant par son projet de supergroupe Traveling Wilburys, Living in a Material World retrace la carrière musicale de George Harrison. Le film raconte également la vie de l’ex-Beatles, de sa fascination pour le Bangladesh et la culture indienne, à sa dévotion à la méditation transcendantale et à la religion. En soit un portrait très complet de l’un des Hommes qui aura marqué le XXème siècle par son aura, son humour et son talent.

D’abord inquiété par la durée assez improbable du documentaire (3h38 pour être exact) on est vite rassuré par le dynamisme de la mise en scène et surtout l’incroyable richesse du sujet. Et encore ces 208 minutes ne semblent pas couvrir pleinement la vie fascinante du “Beatles calme”.

La première partie nous présente la vie de George Harrison à l’époque des Quatre Garçons dans le Vent, de la naissance du groupe à son apogée. On prend alors un énorme pied devant les images d’archives inédites des premiers concerts des Beatles, de découvrir les rencontres qui ont marqué leurs vies à jamais et de voir leur incroyable fraicheur et sourires enfantins. On suit alors Paul, John et George à leur tout début. On oublie alors les conflits de la séparation et on découvre à nouveau leur passion, leur complicité et surtout leur incroyable talent ! Après leur début, on est comme scotché devant ce don, cette capacité à créer des tubes et à être tous les 4 si connectés et complémentaires. Et quand on revoit les images du concert au Shea Stadium, la folie de la Beatlemania, les filles qui s’évanouissent, la folie ambiante, on se dit que cette époque devait être en tout point incroyable et qu’il n’est pas né le groupe qui pourra en dire de même !

Le voyage en Inde marque véritablement le tournant de la vie de George Harrison et de ses compagnons. C’est une véritable quête initiatique qu’il commence enfin. Living in a Material World montre à quel point sa rencontre avec Maharishi Mahesh Yogi puis Ravi Shankar et sa découverte de l’art de la méditation va changer sa vie. Quelque part enfant perdu propulsé trop tôt sur les devants de la scène, George Harrison trouve enfin en sens à sa vie et conservera ses croyances jusqu’au dernier souffle.

Living in a Material World met l’accent sur les relations conflictuelles entre les Beatles, et surtout sur la difficulté qu’avait le guitariste solo à exister entre Paul et John. Pas souvent entendu, ni considéré à sa juste valeur, George Harrison va petit à petit s’écarter du groupe pour consolider ses liens très forts avec d’autres immenses artistes comme Eric Clapton, Billy Preston, ou encore Bob Dylan. Si le documentaire passe très vite sur la dissolution des Beatles, on a bien conscience que même s’il n’en était pas à l’origine, George Harrison était plus que ravi de la séparation du groupe.

La dernière partie du film suit l’homme de conviction qu’était George Harrison. Du concert en faveur du Bengladesh, à ses débuts en solo très prometteurs et à sa perpétuelle quête de soi, George Harrison apparaît comme un homme vrai, sincère et convaincu dans ses croyances. Bien que l’aspect religieux soit un peu trop présent à l’écran, on se dit que cette foi avait donné un sens à la vie de George qu’il considérait comme bien trop matérielle.

Jamais ennuyeux, toujours intéressant, le documentaire de Martin Scorsese atteint parfois son apogée grâce aux témoignages de ses proches. Lorsque Olivia Harrison raconte la tentative d’assassinat à laquelle George a échappé, on est comme suspendu à ses lèvres tellement la folie humaine est incroyable. Et lorsque Ringo Starr et Paul McCartney peinent à parler du jeune George sans verser une larme, on se dit que l’émotion est encore là presque 10 ans après sa disparition et qu’il n’était pas seulement un Beatles mais aussi un ami, un mari, un frère et un père.

Au final Martin Scorsese réalise un documentaire passionnant sur l’un des Beatles les plus énigmatiques. George Harrison semble enfin avoir trouver sa place entre John Lenon et Paul McCartney, celle d’un guitariste hors pair, plein d’humour et de convictions à la recherche d’un idéal. Si Living in a Material World ne vous donne pas envie de vous convertir à la croyance Krishna, il vous donnera surement envi de réécouter les Beatles et de vous intéresser de plus près à la carrière musicale de George Harrison.

M.

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